Inter[-]faces

Vidéo

Dans le cadre du colloque EURAU 12, un article et une vidéo ont été réalisé dans le cadre de travaux de recherche pluridisciplinaire sur le quartier Gare du Flon – Interfaces à Lausanne :

Retrouvez l’intégralité de l’article et des vidéos sur le blog http://interflon.blogspot.fr (réalisé par mes soins ;))

Usage de la vidéo comme outil d’analyse de site et de compréhension des phénomènes urbains contemporains dans l’espace public : cas d’étude appliqué au site de la Interface-Gare du Flon réalisé par Bernard Tschumi

Dominique Bouillier évoque l’émergence d’une « troisième ville », qu’il appelle « la ville silicium » ou « la ville de la connaissance », marquée par la multiplicité des échanges et des circulations non plus seulement physiques mais aussi numériques. Peut-on penser de nouveaux outils et de nouvelles méthodes pour développer une analyse urbaine de cette « troisième ville » ?

Afin d’analyser quels sont les enjeux de la ville contemporaine et de son espace public, la méthode utilisée consiste à coupler une démarche expérimentale à un usage de l’outil audiovisuel.

La démarche expérimentale se construit autour de la chorégraphie d’Eric Alfieri. Par son utilisation du corps et du mouvement dans l’espace, le chorégraphe ouvre une « zone d’autonomie temporaire » comme la nomme Hakim Bey, soit une dérivation de l’usage de l’espace.

La deuxième phase de la démarche s’articule autour de l’outil audiovisuel, outil d’analyse et de transmission d’informations. Deux méthodes guident la caméra pour l’analyse : la première se base sur la technique de l’interview in situ, et la deuxième repose sur l’utilisation du plan fixe et du plan large comme méthode d’observation.

Le fait de laisser place à un « incident chorégraphique » permet d’effectuer une « reconnexion » avec l’espace public : par la chorégraphie et par la vidéo, il est possible d’ouvrir un temps de recul de la perception de l’usager. Il choisit alors de se saisir de ce temps ou de passer son chemin. Cette méthode combinant une démarche artistique, practico-sensible et sociologique a permis de recueillir neuf interviews sur le passé du site, sur ses qualités et ses défauts, et d’ouvrir l’imaginaire sur des améliorations.

D’autre part, autour de la réalisation de la chorégraphie, plusieurs angles de vue en plan fixe et en plan large ont été réalisés. Le choix des plans s’explique par la volonté de retranscrire la chorégraphie dans son contexte. D’autre part, autour du danseur, la multiplicité des points de vue permet une « balade » cinétique avec comme fil conducteur le corps du danseur dans l’espace.

Enfin, le montage du film permet de croiser interviews et plans du site et ainsi d’amener le spectateur dans les lieux évoqués, et ainsi de faire entrer en résonnance la parole des usagers, la chorégraphie et l’architecture du lieu.

Le montage son permet une analyse précise de la parole autour de trois temps : passé, présent, futur. A propos de la dimension « passé », les discours convergent sur le fait que l’espace « d’avant » était un espace peu attractif (gare de triage, stockage de marchandise). Cependant les discours sont distincts quant à la nature exacte du lieu avant sa transformation (parking, entrepôts, voies ferrées…). Sur la dimension « présent », les usagers s’accordent sur la nature fonctionnelle du lieu et la proximité de nombreux commerces. Le site apparaît comme un espace représentatif de cette ville numérique car les interconnexions sont multiples, et ce à différentes échelles. Enfin, les usagers ne voient pas immédiatement d’améliorations quant au devenir du site même si la question du végétal dans la ville revient principalement. Un usager fait remarquer l’existence de la rivière du Flon qui traverse le site. Les projets de la ville (réduction de la place de la voiture et tramway) sont cités.

En comparant les résultats des interviews avec le projet initial de Bernard Tschumi (Event cities 1, pp155-217), des similitudes apparaissent avec la perception des usagers quant à la place de la nature. .

Nous pouvons conclure que la vidéo et la démarche expérimentale dans l’espace public apportent des éléments de réponse quant à l’analyse de cette complexité urbaine. Puisqu’elle révèle la parole de l’usager qui donne une épaisseur distincte au site. Les plans laissent entrevoir un espace dédié au flux où même la performance artistique semble s’effacer dans le mouvement du lieu. L’espace apparait comme marqué par des lignes de flux que l’architecture dessine de façon implicite.

Territoire marqué par son fonctionnalisme et la vitesse, le quartier Interface-Gare du Flon a donc pu révéler sa complexité au cours des différentes expérimentations.
Si les aspects de mobilités sont bien présents et représentatifs de cette ville « silicium », des aspects sociaux et environnementaux paraissent avoir été écartés, peut-être au profit d’intérêts économiques et commerciaux. Ceci amène à s’interroger sur les différents leviers et enjeux liés à la fabrication d’espaces tels que Interface-Gare du Flon.

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Reproduction de l’article et des vidéos dans le cadre du partenariat CNJU – Archivideo, toujours sur la thématique la 3D : quels usages pour les urbanistes ?

Territoire3D®, un service 3D adapté aux usages des urbanistes

C’est avec grand plaisir que nous vous proposons ces nouvelles vidéos-reportages réalisées par Benjamin Hecht (Repérages Urbains), dans le cadre du premier contrat de parrainage obtenu par le CNJU avec la société Archividéo. Nous tenons à remercier chaleureusement Benjamin Hecht* et la société Archividéo, tous les deux soutiens du CNJU.

Présentation de territoire 3D (François Gruson) Afficher la vidéo sur YouTube

Territoire3D® est un service en ligne proposé par Archividéo, société éditrice de logiciels et maquettes 3D pour l’aménagement et l’urbanisme, en coédition avec l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière/IGN.

Ce service inédit permet d’intégrer et visualiser en 3D des données de type plans, images, bâtiments 3D, autres éléments de paysage urbain ou naturel, sur une maquette tridimensionnelle réalisée à l’échelle de tout le territoire français. Composé d’un outil de gestion et manipulation de la maquette particulièrement intuitif, Urban, et d’une interface de visualisation web, il permet d’intégrer à la volée des données projets géolocalisées (plan d’aménagement, image aérienne très haute résolution, modèles 3D de bâtiments et d’espaces publics) afin de les présenter rapidement, facilement et en contexte avec l’immense avantage de la lisibilité donnée par la 3D.

Quels usages? Un exemple avec la Ville de Lille (Paul Péchenart)Afficher la vidéo sur YouTube

La Ville de Lille utilise le service Territoire3D® au sein de la Maison du Projet, où les grands projets urbains sont présentés en contexte sur un grand écran tactile. Les colorisations des bâtiments projets présentés à un niveau assez en amont, avec des volumétries simples, permettent d’attirer l’attention sur les fonctionnalités et le gabarit des bâtiments.

Archividéo, au coeur des projets 3D de Rennes depuis 1999Afficher la vidéo sur YouTube

La 3D est devenue un outil de communication, de concertation et de médiation au sein de la ville et la communauté urbaine de Rennes : de la réalisation d’une maquette historique disponible sur Internet en 1999, à la présentation des futurs aménagements urbains au grand public, en passant par la mise en ligne des services de la ville, la représentation 3D de la ville . Territoire3D® vient justement répondre à cette palette d’usages. Dans ce cas précis, Territoire3D® intègre des données géographiques de la ville qui viennent ainsi complèter le socle 3D. Le service ainsi enrichi conserve les mêmes fonctionnalités (intégration rapide de données, publication web). Pour en savoir plus :

* * *
Plus d’information sur le service Territoire3D® :

Ces reportages en vidéos s’inscrivent dans la continuité des reportages vidéos réalisées au salon Imagina 2012 (Cf. articles en vidéo , lien : http://www.jeunes-urbanistes.fr/?p=1199 )

* Benjamin Hecht, diplômé de l’Institut d’Urbanisme de Grenoble, propose ses services de prise d’images en lien avec la ville et la remontée d’informations sur les usages des territoires, en lien avec le bureau d’études en sociologie et urbanisme Repérages Urbains. Si vous avez apprécié la qualité de ces vidéos, n’hésitez pas à prendre contact avec cette société : bh@reperageurbain.com / tél: 01.77.12.32.99.

Reproduction de l’article Imagina 2012 paru dans Urbanews le 05/03/2012

Imagina 2012 : Quels outils 3D pour les urbanistes ?

Parce-qu’il n’y a pas que Google Sketchup, Autocad et MapInfo dans la vie, Urbanews salue le joli reportage dédié aux nouveaux outils de modélisation 3D spécialement conçus pour les urbanistes. A la réalisation : Pierre Collardey du CNJU en collaboration avec Benjamin Hecht de l’association Urb-VO.

[Compte-rendu rédigé par Pierre Collardey (Cnju) et validé par Benjamin Hecht (Urb-VO)]. 

A Monaco, du 7 au 9 février dernier, avait lieu Imagina 2012, le salon des applications métiers de représentation 3D. L’urbanisme était un thème particulièrement présent cette année, aux côtés de thèmes connexes (SIG, architecture, paysage). Voici un compte-rendu en vidéos du côté salon, à suivre par un compte-rendu de la journée de conférence sur l’urbanisme, prétexte du partenariat monté entre le Collectif National des Jeunes Urbanistes et Imagina 2012.

Un peu d’éléments de contexte au préalable. Quand on lui parle de 3D, l’urbaniste mal renseigné pense « architecture », « publicité »…  Erreur ! Dans le champ de l’urbanisme, les outils 3D ne donnent pas forcément dans l’esthétisme ou la CAO (conception assistée par ordinateur).

Accompagnés de maquettes numériques portant des degrés de sophistication adaptés aux besoins, ils sont avant tout un support de vulgarisation, de partage d’information. En effet, la représentation tridimensionnelle « parle » plus qu’un plan et « fait parler » sur un projet.

Et si on modélisait autrement la ville ?

Les vidéos qui suivent illustrent différents types d’outils, différents acteurs de cette industrie. D’une à deux minutes, elles donnent un aperçu des procédés, des types d’utilisations. Regardez plutôt :

Mieux appréhender les morphologies urbaines : exemple avec Bionatics.

Recueillir les commentaires des internautes : exemple avec Agency9.

Elaborer une maquette ultra-réaliste : exemple avec Acute3D.

La cartographie statistique 3D directement dans le SIG : exemple avec GeoConcept.

Nous terminons ce mini-compte rendu du salon par une vidéo où il n’est pas question de 3D, mais d’une application de remontée d’informations géolocalisées par les usagers, le « crowd-sourcing », réalisée par WebGeoServices.

Crédits.

Collectif National des Jeunes Urbanistes – Pierre Collardey

Urb-VO – Benjamin Hecht

Imagina 2012

Vidéos sous licence Creative Commons (réutilisation possible).

Liens et références des interviews.

Bionatics. Produit présenté : Landsim3d

Agency9. Produit présenté : CityPlanner

Acute3d. Produit présenté : Smart3DCapture

GeoConcept. Produit présenté : GeoConcept-7

WebGeoServices. Produit présenté : WGS-Portal

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Social Media Week Espaces publics vs Citybot : une explication

Espaces publics vs Citybot

Citybot

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Diapositive 1 (présentation de l’équipe)

L’équipe :
– Aline Terrien : étudiante en M1 en Génie Urbain à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée
– Benjamin Hecht : conseiller municipal dans le XIIème, diplômé de l’Institut d’urbanisme de Grenoble, consultant centré sur la question de du support vidéo et de la ville
– Margot Clavel : étudiante en M2 à l’Institut d’Urbanisme de Lille
– Anna Lochard, ingénieur des Mines de Paris sur les questions d’accès à l’énergie, en master spécialisé d’urbanisme aux Ponts et Chaussées

Diapositive 2 (définition du sujet et démarche)

Nous avons choisi de nous intéresser à la problématique de l’utilisation des technologies numériques dans l’espace public, et plus précisément dans notre manière de parcourir et de se déplacer dans l’espace public.
L’espace public est ici entendu comme un espace physique accessible, la rue en étant l’exemple par excellence, bien que notre réflexion se soit également accès sur l’espace public dématérialisé et sur les nouveaux espaces publics/privés marchands comme les centres commerciaux ou terrasse de café.
Notre démarche durant cet atelier a été la suivante : tout d’abord, nous avons voulu repérer les modifications dues aux « nouvelles technologies » déjà sensibles de notre appréhension de l’espace public. Pour cela nous avons procédé par recentrements successifs et par brainstorming. Ensuite, nous avons poussé ces traits au maximum pour en repérer les éventuelles dérives, et enfin nous nous sommes placer dans un scénario volontairement pessimiste et imaginaire dans le quel ces dérives seraient une réalité quotidienne. Cela nous permettra de libérer notre imagination dans notre réflexion et nous a permis de proposer deux pistes de réflexions, qui ne sont certes pas nouvelles, mais qui peuvent être réinterprétées dans ce nouveau contexte. Ces propositions ne sont en aucun cas « anti-numériques » mais visent à questionner ce nouveau rapport à l’espace de la ville.

Diapositive 3 (NTIC et espaces publics)

Les impacts constatés actuellement par nos nouveaux usages dans notre démarche dans l’espace public sont de plusieurs ordres. Il ne s’agit pas de tous les détailler mais nous donnerons tout de même ici quelques exemples.
Tout d’abord, le Smartphone et les tablettes numériques nous donnent une impression de superposition des couches : nous sommes physiquement dans l’espace public, mais nous sommes également en permanence connectés à nos mails, à facebook, ou encore à la presse et à l’actualité, les écouteurs sur les oreilles. Impossible donc de s’ennuyer, et une double présence : ici, mais aussi dans notre espace numérique, nous donnant l’impression de traverser l’espace public avec une disponibilité moindre sur l’environnement extérieur et sur les bruits et fracas de la ville.
Autre exemple, les logiciels permettant d’estimer l’heure de passage du bus nous permettent de ne pas attendre dans le froid, mais cela signifie également supprimer des possibilités d’être là, simplement, sans rien faire, en position passive, attentiste et ouverte à l’environnement urbain. De même, le Smartphone et le fait d’avoir un plan avec sa position localisée, tout comme le GPS en son temps, modifie notre rapport aux rues et permet de ne plus laisser la possibilité de se perdre, et donc d’explorer, d’hésiter.
Enfin, les nouvelles technologies nous donnent une connaissance plus approfondie mais théorique de notre quartier : nous avons une conscience plus aigue de la multiplicité des potentialités (évènements, concerts…) qui s’offre à nous, mais nous avons l’impression de ne pas en profiter, de ne pas réaliser ces potentialités et finalement de ne pas connaître réellement notre environnement, d’où un retour à la mode de la promenade urbaine et de la dérive des situationnistes.

Diapositive 4 (dérives)

Cela nous permet donc d’envisager certains axes de « dérives », terme volontairement fort. La rue deviendrait-elle un lieu de passage terne et standard, que l’on traverse plus que l’on ne parcourt ? La flânerie n’y trouve alors plus qu’une place qu’en situations exceptionnelles, lors de promenades organisées ou lors de jour d’exceptionnels beaux temps, mais de moins en moins dans notre quotidien. Notre disponibilité à la diversité de notre environnement urbain, lui-même enrichi et renouvelé par les nouvelles technologies, ne se s’en trouve-t-elle pas drastiquement diminuée ? Et enfin, la multiplicité des données que nous prenons, donnons, volontairement ou involontairement ne viennent-elles pas nous obliger à des arbitrages permanents, nous donnant l’impression de pouvoir et devoir faire un choix « rationnel » en toute circonstances et laissant une place moindre aux concours de circonstances ?

Diapositive 5 (citybot)

Voilà donc notre monde et cadre de réflexion : le monde de citybot, figure classique du cyborg, humain augmenté par de nombreux appendices numériques, toujours présent dans la ville et son univers dématérialisé du cloud, en communication constante, volontaire ou non, avec la ville, les autres et l’univers urbain. Cette communication ne passe plus par les sens traditionnels uniquement, mais principalement via ces nouvelles technologies. Quelles pistes d’analyse pour une meilleure prise en compte de ce phénomène de « cyborgisation » ?
Deux constats sont apparus progressivement à nous : d’une part, la nécessité de laisser la place à l’incident, évènement imprévu et informel. Prenons une situation courante : une annonce vient informer les usagers d’une ligne de métro qu’il y a un incident sur la ligne. Immédiatement, des regards de connivences se créent entre les usagers, des dialogues, même brefs, s’engagent. L’évènement crée donc une forme de reconnexion avec l’espace public et les autres personnes s’y trouvant.
D’autre part, la notion de la possibilité du choix apparaît comme pertinente : en effet, mettre en perspective le caractère ultra-connecté de notre démarche quotidienne en le mettant en contraste avec d’autres espaces, en venant le questionner, permettrait probablement d’en limiter les effets négatifs.

Diapositive 5 (une géographie on/off)

La première piste de réflexion qui nous semble importante est celle de l’apparition d’espaces et de temps déconnectés. Ces espaces et moments peuvent être clairement identifiés. Par exemple, une rue entièrement non connecté avec des bulles où l’on pourrait se reconnecter. Ou encore, des espaces de détente ou des salles de travaux dirigés déconnectés. L’apparition d’un interrupteur, visible et identifié, qui permettrait de « déconnecter » un appartement tout comme il est possible de couper la lumière (aujourd’hui, il n’existe même pas de bouton on/off sur une box). Ces espaces et temps viseraient à faire prendre conscience de notre caractère connecté. Mais il pourrait être intéressant également de les penser comme un incident, pseudo-aléatoire, à certains lieux, à certains moments qui viendrait créer des potentialités et des temporalités différentes.

Diapositive 6 (TAZ)

Enfin, les Zones d’Autonomies Temporaires, ou TAZ, sont le deuxième point de notre réflexion. Ces zones et ces temps ne peuvent et ne doivent pas être prévu, mais il est par contre important de leur laisser la place de venir question l’urbanité qui nous entoure. Ces TAZ évolueront en même temps que les nouvelles technologies, auront des formes variées, mais viennent encore une fois décaler le regard et créer l’incident. Le passant peut choisir ensuite de s’en saisir ou de continuer son chemin, mais un choix s’impose à lui. Les TAZ existent déjà bien entendu, mais l’évolution sociale que nous envisageons devrait leur donner une importance et un rôle renouvelés. Cela permet également de proposer une alternative à la « ville-entertainment » souvent mise en place par les pouvoirs publics (Paris Plage, la Nuit Blanche…), de laisser la possibilité à un certain informel créatif de se développer.

Reproduction de l’article d’Urbanews du 24/02/2012

Social Media Week : On refait l’atelier !

PS : j’étais dans le groupe 3 : citybot (merci Hakim Bey !) voir la tentative d’explication en suivant ce lien : https://hechtben.wordpress.com/2012/07/05/social-media-week-espaces-publics-vs-citybot-une-explication/

[Cet article a été rédigé en partenariat avec Brice Chandon, copilote de l’atelier d’urbanisme de la Social Media Week et consultant en Génie Urbain.]

Souvenez-vous, la semaine dernière nous vous parlions d’un atelier autour de la ville numérique organisé en partenariat avec la Netscouade dans le cadre de la Social Media Week. Voici le récit de la journée.

C’est l’histoire d’un monde hybride.

D’emblée, avec mon acolyte de toujours Brice Chandon, nous présentons le sujet de la « ville numérique ». Fidèles à notre formation d’urbaniste génie urbain (dédicace), nous forgeons notre propre culture et exposons une vision assez globale des problématiques. Lisez plutôt :

 

Une poignée de minutes suffisent pour prendre connaissance des différentes failles du système « ville numérique ». Il s’agit d’en choisir une, ou d’en croiser plusieurs, et de définir rapidement une ligne directrice pour le projet.

Un atelier assez inédit par son côté « one shot project » et sa diversité de participants : urbanistes, architectes, sociologues, géographes, scénographes, journalistes, designers, ingénieurs et même… un avocat !

Un ensemble hétérogène, très motivé et créatif dont nous avons pu ressentir l’engouement quelques heures plus tard… Les idées et les concepts fusent, le socle idéologique s’établi au fur et à mesure et chaque groupe propose un projet original et innovant. Les participants se préparent à défendre leurs idées et à susciter le débat face au jury composé de Philippe Gargov de Pop-Up Urbain, Thierry Marcou de la FING et Bruno Marzloff pour le Groupe Chronos.

8 minutes de présentation et une demi-heure de débat par groupe. Chacun a su se démarquer. Voici un résumé synthétique des différents projets présentés.

AAFJB 3 : Quand le tourisme s’immisce au delà des frontières numérique / physique.

 

La ville est à la fois un espace perçu et un espace vécu. Les habitants ont une image issue de leur expérience et de leur pratique de leur ville alors que les personnes extérieures ont une image qui provient des informations qui leur parviennent et des usages qu’ils auront. En fonction d’elles, ces personnes se limiteront à un espace défini comme s’il existait une frontière imaginaire.

Pour découvrir de nouveaux territoires, il faut savoir dépasser certaines frontières, quelles soient physiques ou numériques. En effet, les territoires diffusent une image d’eux-mêmes à travers les différents médias sur lesquels ils sont exposés. Ainsi, une image-web se conçoit autour de chaque espace identifiable.

Cependant, le filtre du moteur de recherche nous renvoi généralement vers des liens sponsorisés ou institutionnalisés qui ne font que colporter les clichés. Pourquoi ne pas alors envisager un autre algorithme qui nous enverrait  vers des liens plus discrets, nous faisant sortir des sentiers battus du web ?

Elgoog, ou l’anti-google, permettrait de changer les filtres de la toile. On pourrait par exemple ignorer les liens officiels, les pages marquées d’un « j’aime » ou les pages déjà visitées. On aurait alors une nouvelle option, celle du « j’aime pas », celle du « non-officiel », « l’anti-soit » ou encore « l’anti-historique ».

Ces dispositifs peuvent donc inciter les touristes ou les voyageurs à aller découvrir certains endroits par eux même.

Flexibilité et multiplication des temps de la ville numérique.

 

Nous sommes en 2150, dernière étape de la déconcentration des entreprises, les employés deviennent travailleurs indépendants et organisent leur travail selon leurs envies. Tout le monde est auto-entrepreneur et travaillent où il veut et quand il le souhaite. C’est la flexibilité spatio-temporelle absolue du travail.

Que faire alors des espaces, comme ceux de La Défense par exemple, jusqu’alors dédiés uniquement au travail ? Et surtout : comment créer des espaces parfaitement mixtes permettant le lien entre tout ces travailleurs indépendant. Comment recréer du lien social, de la vie en collectivité. Peut-on encore parler de ville ?

Une mention spéciale du jury a été attribuée à cette idée originale.

City-Bot : quand on débranche la ville numérique.

 

Hypothèse principale : l’espace public ne sera bientôt plus qu’un lieu de transit pour une population de cyborgs. Nous sommes tous un peu cyborg, au sens où nous sommes tous capables de s’augmenter nous-mêmes. Le concept est baptisé « City-Bot ». Le « robot-citoyen » c’est chacun de nous lorsqu’il traverse les espaces sans les voir.

Avec la généralisation des smartphones, plus besoin d’observer l’espace pour savoir où l’on se trouve. De plus, ces petits objets high tech ont la fâcheuse tendance à occuper l’attention de manière intempestive, rendant nos City-Bots moins disponibles pour leur environnement. « Progrès ! », disent certains. « Dérive ! », affirment nos quatre participants.

Alors voilà. Comment fait-on pour rendre ces « robot-citoyens » un peu plus vivants, plus humains ? Et bien c’est simple, on les débranche.

En réfléchissant à une nouvelle géographie de la ville avec des espaces connectés et des zones blanches pour retrouver de nouvelles opportunités à l’espace. Prévoir également un bouton on/off aux box pour couper le flux d’information comme on coupe le courant.

Mais il est aussi intéressant de penser ces coupures comme un incident à certains lieux, à certains moments qui viendraient créer des potentialités et des temporalités différentes. Des TAZ (zone d’autonomie temporaire) orchestrés pour semer le trouble dans la population de cyborgs, de manière à bouleverser les habitudes et aussi, pourquoi pas, à créer de la connivence entre des personnes affectées par le même désordre.

A quand l’avènement des « Tazz Events » ?

Citybot

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Maison de quartier 2.0 : quand le numérique devient un outil local/low tech/low cost.

 

Il existe un joli paradoxe urbain entre les différentes perceptions de proximité spatiale, temporelle et numérique. Une question : les réseaux sociaux génèrent-ils du lien social ? Le parti-pris de ce groupe est de proposer un système territorialisé permettant de relayer l’essentiel des infos locales du web sur le terrain.

L’idée est de créer un lieu qui centralise des informations de nature les plus diverses (culturelle, vie de quartier, événements municipaux, etc.) à l’échelle d’un quartier. Territorialiser l’information c’est la rendre accessible au plus grand nombre et également favoriser l’échange entre les habitants. Ceux-ci diffusent une information précise, ce sont de véritables experts de leur quartier.

Ce qui différencie cet espace des maisons des associations classiques, ou encore des squats, c’est le simple fait que le riverain peut alimenter la base de donnée en y apportant le fruit de ses balades sur le web, elles sont triées par un médiateur culturel. Une agrégation d’informations transmise à la fois depuis l’extérieur et depuis l’intérieur du local.

On peut donc simplement y avoir accès en passant dans la rue et pour les plus curieux aller chercher des détails de l’information en entrant dans ce lieu. Enfin, cette maison de quartier 2.0 peut être connectée à d’autres à une échelle inter-régionale.

Autrement dit, ce groupe avait l’ambition prudente de penser à la matérialisation d’un hyperlieu, ne nécessitant pas d’investissement fou, destiné et enrichi par les habitants locaux.

Et si ce n’était que le début ?

Maison des Quartier 2.0

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Cet article ne retranscrit qu’un avant goût de ce que représente un tel événement. Une belle expérience qui se termine par une discussion générale entre groupe/jury/pilote : « Et si ce n’était que le début ? » Voilà en quelques mots les réactions des acteurs de l’atelier. Quoi qu’il en soit, UrbaNews.fr n’en restera pas à ce premier atelier. Tentés ?

Affaire à suivre.

PS : avis aux participants, n’hésitez pas à commenter cet article pour compléter nos résumés et diffuser vos coordonnées personnelles si vous le voulez. Vos projets méritent un suivi, à vous de diffuser la bonne parole. Cet atelier peut jouer le rôle de tremplin.